Une balade qui dérange

Aventure parmi les sauvages

2 décembre 1958, journal de bord d’Adrien Ghys.

Je m’aventure parmi des animaux, ils nous ressemblent mais leur couleur de peau est différente. Je m’approche d’eux et découvre des sauvages qui ne sont pas de la même race que moi. Leurs angles faciaux et leurs couleurs de peau montrent qu’ils n’ont pas notre intelligence et ils ne semblent pas doté de moralité.
Je m’aventure encore plus en profondeur dans leur habitat pour découvrir des monstres d’une ethnie des plus étranges. Je suis en quête de découverte afin d’assouvir ma curiosité.
Je voyage de continent en continent afin de la combler.
J’observe la conquête de l’ouest où la suprématie blanche écrase les sauvages indiens. Ces êtres si peu raffinés qui préfèrent les plumes d’oiseaux morts aux élégants chapeaux.
J’arrive dans un bordel africain, j’attends mon tour pour gouter aux plaisirs exotiques.
J’admire les danses endiablées des démons d’Asie qui se tortillent dans tous les sens.
Une personne gobe des yeux de veau, quoi de plus normal pour un animal avec un turban sur le crâne et qui a pour seul ami un petit singe tout mignon.
J’ai la chance de voir des Irlandais, plus proches du sauvage que de l’humain.
Mon voyage m’emmène sur tous les continents observer une multitude d’ethnies inférieures, mes photographies de ces monstres de foire feront d’originales cartes postales. Ces cartes où je pourrai montrer à mes proches l’animalerie, la nudité et la sexualité de ce monde choquant et primaire.
J’ai rencontré des Indiens, des Asiatiques, des Africains et d’autres créatures étranges, j’ai pu observer leurs comportements et comment ils vivent dans leurs cahutes.
Je ne suis pas un grand aventurier, d’ailleurs je n’ai même jamais quitté Bruxelles de ma vie. Pourquoi serais-je parti alors que je peux voir tout cela en bas de chez moi ?
J’ai juste fait un tour dans un zoo humain. Hélas, les derniers zoos humains ferment leurs portes. Seulement parce que ces sauvages sont mal dans leurs peaux et se suicident.

On ne nait pas raciste, on le devient.

Ce 2 décembre, dans le cadre d’une visite culturelle, la « bawète » inscrite dans le cadre de nos cours de sciences humaines, quelques étudiants et moi sommes allés à la découverte de l’exposition « Zoos humains » à la Cité Miroir de Liège.

La première chose que je voudrais exprimer est l’ambiance de l’exposition. Elle se déroule dans l’ancienne piscine « les Bains de la Sauvenière » à Liège. L’architecture des années 30 est impressionnante. Nous arrivons dans un cadre original et lumineux propice à la découverte d’une exposition également hors du commun.

L’exposition a pour sujet les zoos humains, qui se sont développés du temps des grands empires coloniaux (1492) et qui ont perduré jusqu’à la seconde guerre mondiale (1958).

Une femme et son enfant vivants dans un zoo humain entourés de visiteurs. Source : affiches exposition

Une femme et son enfant vivants dans un zoo humain entourés de visiteurs.
Source : photo d’une affiche de l’exposition

« C’est l’histoire de femmes, d’hommes et d’enfants venus d’Afrique, d’Océanie, des Amériques et parfois d’Europe pour être exhibés, présentés comme des prétendus « sauvages ». »
Source : affiches exposition

 

 

 

Je suis interpellée par cet épisode historique dont je n’avais jamais entendu parlé. Si on m’avait dit que cela avait existé, je n’y aurais certainement pas cru. Un zoo humain ! Les personnes ont été présentées à la vue de tous, dans des enclos, sans vie privée. Et les gens adoraient cela, ils étaient intéressés par la découverte de ces personnes qui leur semblaient si différentes.

Photo d'un affiche de l'exposition.

Source : photo d’une affiche de l’exposition.

 

« Pendant près de 5 siècles, l’industrie de l’exhibition humaine va fasciner plus de 1 milliard 400 millions de visiteurs de visiteurs ».

 

 

 

 

Ce nombre de visiteurs semble impressionnant ceci s’explique par la popularité de ces zoos à travers toute l’Europe. Les européens en ont raffolé !

Carte des zoo humain à travers l’Europe. Source :Exposition

Carte des zoo humain à travers l’Europe.
Source : photo d’une affiche de l’exposition

La publicité pour les zoos était courante, on attirait la population à découvrir ces hommes « sauvages ». Elle a été éduquée à trouver cette activité normale, intéressante, cultivante.

Les visiteurs pensaient-ils à la vie imposée à ces exhibés ? Ce sont pourtant des humains tout comme eux avec les mêmes émotions, les mêmes besoins et désirs … Mais étaient-ils au moins au courant de cela ?

Publicité invitant à la visite d'un zoo. Source : photo d'une affiche de l’exposition

Publicité invitant à la visite d’un zoo.
Source : photo d’une affiche de l’exposition

 

« La publicité pose, expose, impose une nouvelle table de valeurs, un style de vie, elle dit comment il convient de vivre et d’être ».
Source : affiches de l’exposition

 

 

 

 

Les visiteurs se considéraient comme supérieurs à ces autres humains. Ils avaient des cultures très éloignées, c’est certain … Mais des différences empêchent-elles l’acceptation de l’autre ? C’est dingue de penser que l’on a appris à l’humain a être égocentrique et peu ouvert d’esprit.

Source : photo d'une affiche de l'exposition

Source : photo d’une affiche de l’exposition

 

« Quand on voit ces hommes (de la Terre de Feu), c’est à peine si l’on peut croire que ce soient des créatures humaines, des habitants du même monde que le nôtre. » Charles Darwin, Journal (1845)

 

 

 

Finalement, à la sortie de l’exposition, je me suis sentie plutôt à l’aise par rapport au monde actuel. Un bout de chemin sur l’ouverture d’esprit a tout de même été mené. L’être humain a certainement cette qualité en lui. Il est seulement influencé par la culture dans laquelle on le plonge. On rend naturelles les valeurs qui sont en fait dictées, inventées, imposées par la société. Les hommes peuvent donc se libérer de ces valeurs inégalitaires uniquement grâce à l’évolution de la société ou grâce à un développement critique plus avancé que celui des autres. C’est selon moi, ce qui a amené les zoos humains à exister et puis, grâce à une évolution des valeurs, à disparaître.

Suite de la bawète dans un endroit un peu moins sauvage… la ville de Liège

Étant donné que l’exposition ne dure pas des heures, nous avons décidé pour poursuivre cette journée de découvrir la ville de Liège, sur base d’une application proposée par l’office du tourisme de Liège.

À télécharger sur son smartphone, cette promenade dans Liège est une excellente idée … Sur papier. Elle propose aux visiteurs une promenade dans la ville de Liège, lui montrant certains monuments et endroits incontournables. A chaque halte, on peut découvrir un court texte explicatif sur le lieu indiqué sur l’application.

Étant Liégeois, les explications fournies lors des différentes haltes sont maigres en contenu et peu développées. Les textes sont en effet extrêmement lacunaires, ils pourraient être bien mieux complétés pour proposer un historique plus précis, voire des anecdotes aux visiteurs.

C’est un chouette parcours à faire pour découvrir rapidement quelques lieux phares de la ville de Liège, mais la présentation de ces lieux est clairement à retravailler, peu importe que ce soit pour le faire seul, en groupe ou avec des élèves.

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Un commentaire

  1. Grégory Voz · janvier 5

    Merci pour ce texte au style particulier et agréable (même si les quelques erreurs orthographiques dénotent un peu dans cet article).

    Votre texte est dur et prenant, sans doute comme l’exposition (que je n’ai pas vue, avec plus de regrets encore en lisant votre retour).

    Toutefois elle montre un être humain totalement manipulé par le paradigme environnant. Une vision romantique de l’homme naissant superbement bon et perverti complètement par l’entourage. C’est aussi une vision, rousseauiste, belle mais elle aussi dépassée comme la conception des zoos humains.
    Nous pourrions en parler si vous voulez vous aussi aller plus loin que cette pensée, aussi généreuse qu’angélisée.
    Merci donc et au plaisir de continuer la pensée sur l’évolution des paradigmes concernant « l’évolution » et les relations humaines.

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